Plant Strategies

Competition and Planting Information

Essayons de comprendre ce dont nous parlons lorsque nous évoquons les stratégies végétales ou les systèmes de plantation — l’organisation des plantations en groupes, à grande ou à petite échelle — et voyons si nous pouvons améliorer la manière dont les « informations de plantation » sont présentées pour chacune des plantes du monde.

Nous allons diviser ce sujet en plusieurs parties : comment les différentes plantes ont développé, au fil de l’évolution, des compétences distinctes pour survivre ; comment comprendre la sociabilité et la compétition au sein d’un groupe ; leurs forces et faiblesses spécifiques ; et enfin, une proposition pour rendre tout cela visible dès l’étiquette. Cette dernière partie est un travail en cours, issu d’une réflexion et d’une collaboration avec Thomas Rainer sur la manière de mieux informer les jardiniers sur les besoins et le mode d’épanouissement de chaque plante. La photo en tête de cet article provient de l’extraordinaire travail qu’il a réalisé avec son entreprise Phyto Studio et Didier Design Studio sur l’arboretum de Penn State — naturel, dynamique, intemporel… Vous pouvez en savoir plus sur ce projet ici. here.

Car plus vous observez ce qui rend chaque plante différente, plus vous comprendrez ce dont elle a besoin et ce pour quoi elle est douée. Une lavande ne rampera pas, pas plus qu’un thym ne grimpera. Comprendre les raisons de ces évolutions et adaptations nous permet d’aménager un espace qui respecte les plantes (et les aide à s’épanouir), plutôt que de les installer à l’aveugle dans un endroit inadapté, à côté de voisines tout aussi inadaptées, en espérant que tout se passe bien.

En avançant, il est important de se rappeler que tout change pour une raison. Chercher à voir au-delà des adaptations, à comprendre ce qui les a provoquées à l’origine, fait partie du travail d’observation d’une plante. De quoi avait-elle besoin ? Qu’est-ce qui ne fonctionnait pas pour elle ? Qu’aimait-elle ? Qu’évitait-elle ? Tant de questions… Commençons donc notre voyage.

« L’intelligence, c’est la capacité de s’adapter au changement. »

― Stephen Hawking

Ok donc

Stratégies végétales : la théorie CSR

La théorie des stratégies adaptatives universelles, ou théorie CSR, est une théorie évolutionniste développée par J. Philip Grime en collaboration avec Simon Pierce. Elle repose sur l’idée que la réponse des plantes à un site dépend du niveau de stress et de perturbation qu’elles subissent. Mais que désigne-t-on par stress, et en quoi est-il différent d’une perturbation ?

Le stress

Il englobe tous les facteurs externes qui réduisent la croissance et la reproduction : manque de lumière, manque d’eau, sols pauvres, carences nutritives, variations de température.

La perturbation

Il s’agit de la destruction partielle ou totale d’une plante due à l’action humaine, aux maladies, aux animaux ou aux événements climatiques (vent, sécheresse, incendie, érosion, pâturage, construction, etc.).

Le triangle CSR classe ensuite les plantes en trois catégories selon leur tolérance au stress et aux perturbations : les compétitrices, les tolérantes au stress et les rudérales.

Décomposons-les.

  • C = Compétitrices
    • Ce sont généralement des plantes vivaces qui dominent dans les milieux où le stress et les perturbations sont faibles. Elles s’étendent, forment souvent de grandes touffes et prospèrent en accaparant les ressources. Les compétitrices occupent fréquemment les jardins matures.
    • Botaniquement: Elles prospèrent dans des zones à faible stress et faible perturbation et excellent dans la compétition biologique.
    • Exemples : arbres, Angelica archangelica, Ficus insipida, Achillea. Achillea

  • S = Tolérantes au stress
    • Ces plantes possèdent des adaptations leur permettant de survivre dans des conditions difficiles, variables ou dégradées, comme une lumière ou une eau irrégulières. Elles colonisent les espaces où les compétitrices ne peuvent survivre et sont généralement vivaces. Elles se développent dans des milieux très stressants mais peu perturbés et poussent lentement, car leurs ressources sont économisées et dirigées vers l’établissement de quelques individus matures.
    • Botaniquement: Elles assurent leur survie individuelle en maintenant leurs performances métaboliques dans des niches pauvres et variables.
    • Exemples Thymus, Hylotelephium, Crassulaceae

  • R = Rudérales (Ce sont les espèces qui colonisent les terrains perturbés)
    • Elles ont une durée de vie courte, sont souvent annuelles ou bisannuelles, et prospèrent dans des milieux peu stressants mais fortement perturbés. Elles produisent et disséminent rapidement de grandes quantités de graines. Elles dominent souvent les premières phases d’un milieu après une perturbation importante. Avec le temps, ces communautés évoluent vers des plantes tolérantes au stress et compétitrices.
    • Botaniquement: Elles assurent une propagation rapide des gènes grâce à un cycle de vie court et à une régénération efficace dans des niches instables.
    • Exemples Annuelles comme la nigelle, certaines Astéracées.

Stratégies végétales : Forces et Faiblesses

À travers l’évolution, ces optimisations représentent différentes réponses au même problème fondamental : comment acquérir de l’énergie, de l’eau et de l’espace tout en se reproduisant efficacement.

Les compétitrices investissent dans la domination, les tolérantes au stress dans l’endurance, et les rudérales dans l’opportunité. Chaque stratégie excelle dans certaines conditions et échoue dans d’autres, empêchant ainsi qu’un seul type domine tous les milieux.

Les écosystèmes naturels sont donc façonnés par l’équilibre mouvant entre ces forces et ces faiblesses, créant des communautés végétales complexes et dynamiques dans les forêts, prairies, déserts et zones humides.

Identifier les forces et faiblesses de chaque famille ou espèce demande de l’observation et de la patience. Le changement climatique signifie aussi que ce qui était vrai il y a dix ans, voire deux ans, ne l’est plus forcément aujourd’hui. Rester attentif aux réactions des plantes face aux températures, au sol ou aux pollinisateurs permet de mieux comprendre l’évolution de l’écosystème. Et justement, parlons maintenant du sol.

Stratégies végétales : La Terre

Identifier votre type de sol est essentiel pour comprendre quelles plantes peuvent survivre chez vous. Pour cela, vous pouvez réaliser une expérience simple à la maison : prenez une poignée de terre de votre jardin (plusieurs échantillons sont préférables), placez-la dans un bocal, ajoutez de l’eau et laissez reposer 24 heures.

Des couches apparaîtront : le sable au fond, le limon au milieu, l’argile en haut. Leur épaisseur indique leurs proportions. Pour une analyse précise, vous pouvez faire appel à un laboratoire spécialisé. En France, il en existe 24, dont le plus proche de nous se situe à Limoges.

En Bas: le sable Les particules de sable sont les plus grosses. Les sols sableux sont légers, drainants et se réchauffent rapidement. Ils sèchent vite et retiennent peu de nutriments. Ils favorisent les plantes résistantes à la sécheresse, comme de nombreuses espèces méditerranéennes, désertiques ou pionnières.

Au milieu : le limon Les sols limoneux sont doux et soyeux au toucher. Ils retiennent bien l’eau et les nutriments tout en restant drainants. Ils sont souvent très fertiles, mais peuvent se compacter et s’éroder facilement.

En haut : l’argile Les particules d’argile sont les plus fines. Ces sols sont collants lorsqu’ils sont humides et durs lorsqu’ils sèchent. Ils retiennent beaucoup d’eau et de nutriments, mais sont mal aérés et drainent lentement. Les plantes doivent y tolérer l’asphyxie racinaire. Les plantes méditerranéennes, par exemple, détestent l’argile.

D’un point de vue écologique, ce triangle permet de comprendre pourquoi certaines communautés végétales se développent dans certains lieux.

  • Les sols sableux favorisent les espèces tolérantes au stress et pionnières.
  • Les sols argileux favorisent les plantes adaptées aux milieux lourds et humides.
  • Les sols limoneux et francs soutiennent souvent une végétation très compétitive.

Informations de Plantation: Festuca glauca

Nous avons testé l’intégration de toutes ces données dans une seule fiche produit, car il est difficile de tout retenir lorsqu’on se rend simplement en pépinière. Voici le résultat.

Est-ce utile ? Aimeriez-vous voir ce type d’information pour toutes nos vivaces ? Est-ce inutile ou superflu ? Nous aimerions beaucoup connaître vos retours, vos idées et vos propositions, car votre avis est essentiel.

Merci de nous les partager dans les commentaires ou par email. Nous pensons sincèrement qu’il existe une meilleure manière de décrire le comportement d’une plante que la simple combinaison sol/exposition/taille. Intégrer des notions évolutives dans les fiches pourrait faciliter vos choix, que vous soyez jardiniers, créateurs de balcons verdoyants ou aménageurs d’espaces végétalisés.

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